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27/02/2018 News

Barel au long cours

Barel Mouko 2

Le Congo s’est offert un beau parcours lors du dernier CHAN, en partie grâce à son gardien Barel Mouko. Pas loin d’être quadragénaire, le capitaine congolais prouve qu’on peut garder les cages au plus haut niveau même si on fait moins d’1,80 m et qu’on bossait chez Orange avant de passer pro.

 

Voir un gardien de but s’approcher du point de penalty pour botter un tir à onze mètres, c’est toujours l’assurance d’avoir un petit frisson. Il y a ceux à qui la chance avait décidé de sourire, comme le robotique Manuel Neuer qui a troué Petr Čech en finale de Ligue des champions en 2012. Mais la vérité, c’est qu’on se souvient surtout des ratés. Par exemple, un garçon comme Mickaël Landreau a beau avoir vingt ans de carrière et une armoire à trophées qui déborde, impossible d’oublier sa panenka abominable en finale de Coupe de la Ligue en 2004. Manque de pot pour Barel Mouko, le 28 janvier dernier, il est entré dans la mauvaise catégorie, celle des gardiens qui ont loupé leur penalty à un moment crucial. Un petit drame qui a eu lieu au stade Adrar d’Agadir, en quarts de finale du CHAN face à la Libye. Les deux équipes n’ont pu se départager à l’issue du temps réglementaire (1-1), et s’en remettent donc à la loterie d’une séance de tirs au but. Problème, les Congolais ont quelques soucis de casting. “Barel Mouko figurait sur la deuxième liste, celle des potentiels tireurs après nos cinq meilleurs”, expliquait le sélectionneur Barthélémy Ngatsono après la défaite, en détaillant une équation digne d’une médaille Fields : “Un joueur de la première liste est sorti sur blessure, et deux autres ont refusé de tirer. En tant que capitaine, Barel Mouko a pris ses responsabilités, mais ne pouvait pas tirer le dernier, car le joueur qui était censé tiré en quatrième s’est proposé d’être le dernier. La solution était de faire tirer Barel quatrième.” Élémentaire.

 

Comme Rocky​

 

Résultat des courses, Mouko est le seul tireur à avoir manqué son péno. Dommage, celui qui avait enchaîné trois clean sheets de suite en phase de poules aurait mérité un meilleur sort. Mais comme l’a rappelé son entraîneur, le gardien congolais a eu le mérite d’assumer son brassard de capitaine. Un rôle que le vieux routier – 38 ans – prend à cœur, puisqu’il parle de ses coéquipiers en les appelant “mes petits” et qu’il jure croix de bois croix de fer, qu’il donne l’exemple en se levant tous les matins à 6 h pour aller courir seul comme Rocky à Philadelphie. Une hygiène de vie qui explique en partie sa longévité, et qui explique aussi pourquoi il est encore capable de bondir partout alors qu’il ne mesure qu’1,77 m sous la toise. Barel Mouko peut dire merci à ses qualités athlétiques, et à la dynamite qu’il a dans les jambes. Mais il peut surtout dire merci à Rudi Garcia qui lui a donné sa chance sur le tard. Le voyage dans le temps commence en 2003, alors que Barel Mouko a déjà 23 ans et vivote dans des clubs amateurs de région parisienne. Une époque où la seule ligne à son palmarès est un titre de champion de France des entreprises glané avec l’équipe de l’opérateur téléphonique Orange. Rudi Garcia, alors à la tête d’un Dijon scotché en National, enrôle le gardien de poche et lui donne les clés de la maison. Une saison plus tard, le DFCO était en Ligue 2.

 

Rudi les bons tuyaux

 

 

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Mais le souci quand on est très lié à un entraîneur qu’on aime et qui nous aime en retour, c’est que le jour où il part, ça fait un grand vide. Été 2007, Garcia file au Mans et est remplacé par Serge Romano. Mouko s’accroche, reste en Bourgogne et finit par s’embrouiller avec Romano qui le cloue au banc de touche. Aventure terminée. À bientôt trente ans, il ne trouve pas d’autre main tendue que celle de Gueugnon en National. Mais ce qui est bien quand on est très lié à un entraîneur qu’on aime et qui nous aime en retour, c’est qu’il ne vous oublie pas. Et pendant que Mouko mange son pain noir en troisième division, Rudi Garcia continue son bonhomme de chemin à Lille. Alors le jour où Mickaël Landreau se démolit le genou et qu’il faut trouver une doublure à Ludovic Butelle, Garcia décroche son téléphone pour faire venir le Congolais dans le Nord. Mouko est parti pour cinq saisons sur place avec le statut de deuxième, puis de troisième gardien après le retour de Landreau. Avec forcément très peu de matchs à la clé, seulement quatre pendant ce quinquennat. L’heure de rentrer au bercail a sonné, et Mouko pousse la porte du championnat congolais en 2015, sans avoir à se soucier de la trace qu’il laisse derrière lui. En effet, au moment d’élire l’équipe type de tous les temps d’Orange, les votants n’ont pas hésité une seule seconde à placer Barel Mouko dans les cages.