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27/02/2020 News

Enyimba, c’est l’histoire d’un monstre

Champion du Nigeria en titre, l’Enyimba International Football Club, créé en 1976, est progressivement devenu, au XXIe siècle, le club le plus puissant du pays. Voilà pourquoi.

À quoi reconnaît-on les grands exploits ? Peut-être avant tout aux petites histoires qui les entourent. Au printemps 2003, l’Enyimba International FC est en route pour le Sénégal, où le club nigérian est attendu pour disputer un deuxième tour de Ligue des champions africaine face à l’ASC Jeanne d’Arc de Dakar. Un an plus tôt, c’est à ce stade de la compétition que le double champion du Nigeria en titre s’est fait couper la tête par l’ASEC Mimosas : un tournant dans l’histoire du club, qui décide après cette élimination de procéder à des travaux dans son stade, situé à Aba, afin de pouvoir accueillir les matchs continentaux chez lui, et non à Calabar, une ville située à quelque 150 kilomètres à l’est. Un souvenir dans les têtes, aussi, qui pousse tous les membres de l’Enyimba à la plus grande vigilance. Partant, pour ce voyage à Dakar, l’intendant de l’équipe décide de glisser dans sa valise un bidon d’essence. Lorsque les curieux l’interrogent, il répond en se marrant : « Vous verrez bientôt pourquoi… » Et voilà le pourquoi : le jour de la rencontre, l’homme quitte l’hôtel avant tout le monde et file au stade Demba Diop, où l’Enyimba aura, quelques heures plus tard, la mission de sécuriser la large avance prise lors de la manche aller (4-0). Et voilà ce qu’il trouve en entrant dans le vestiaire : du sang frais, étalé sous les sièges, qu’il s’empresse alors de faire disparaître avec l’essence ramenée du Nigeria. Bienvenue en Ligue des champions, un monde où il est important de conjurer les rituels magiques adverses. L’Enyimba repartira de Dakar avec un nul (0-0). Et la suite sera royale puisqu’en décembre 2003, le nouveau géant du continent va remporter la première Ligue des champions de son histoire, en dominant l’Ismaily SC (2-0, 0-1). « Et pour nous, c’était presque normal », sourit aujourd’hui le gardien Vincent Enyeama, 21 ans à l’époque.

« On faisait peur »

Normal, car l’Enyimba moderne a justement été construit pour atteindre les sommets. Le titre de 2003 ne sera d’ailleurs pas un exploit isolé, puisque l’année suivante, le club va conserver son titre en couchant l’Étoile du Sahel. Mais quel est le secret ? « Enyimba a tout simplement été pensé pour tout casser, répond Enyeama. On peut comparer sa domination lors des années 2000 à celle exercée par le PSG en France. » À savoir : six titres de champion du Nigeria remportés entre 2001 et 2010, deux coupes du Nigeria, trois victoires en Supercoupe, deux Ligue des champions, deux succès en Supercoupe d’Afrique… Tout ça grâce à une équipe assez jeune, qui a notamment fait émerger des futurs internationaux (Enyeama, Nwaneri, Tico) dans les mains d’entraîneurs malins comme Shaibu Amodu, Kadiri Ikhana ou encore Okey Emordi. Tout ça, surtout, grâce aux importants moyens financiers déployés par Orji Uzor Kalu, propriétaire de nombreux journaux et élu gouverneur de l’État d’Abia en 1999. « On faisait peur. On avait les meilleurs joueurs du pays, les meilleurs espoirs du Nigeria, des entraîneurs stricts… Kadiri Ikhana était par exemple quelqu’un d’assez semblable à José Mourinho dans son fonctionnement. Il ne voulait pas nous voir discuter, il voulait nous voir agir. Il avait sa vision du foot. On avait besoin d’un leader comme ça et ça a fonctionné”, complète Vincent Enyeama, qui a également vécu l’un des moments les plus iconiques de cette période.

San Siro, la chute et le retour

En effet, moins d’un mois après avoir remporté le premier titre de champion du Nigeria de son histoire, l’Enyimba International FC est invité au mois d’août 2001 à San Siro pour rencontrer l’Inter. Ou plutôt pour servir de faire-valoir à Ronaldo, qui a effectué ce jour-là son retour après plus d’un an d’absence à la suite de la rupture de son tendon rotulien lors de la finale aller de la Coupe d’Italie opposant le club de Milan à la Lazio en avril 2000. Enyeama, remplaçant à San Siro, raconte : « Ce match était un peu une blague, finalement… On avait joué la veille et on a fait 10 heures d’avion dans la foulée pour être à Milan. Dans ces conditions, on ne pouvait pas être compétitifs. Finalement, c’était surtout bien pour Ronaldo. » Le Brésilien a joué ce jour-là trente-cinq minutes, et l’Inter, elle, s’est largement baladée : sept buts à zéro, quatre buts de Vieiri… Pour information, l’Enyimba n’était à l’origine pas programmé pour cette rencontre et a été invité pour remplacer en urgence l’équipe nationale du Sénégal. L’important, malgré tout, est que le futur géant continental est, par cet événement, sorti un petit peu de l’anonymat. Ses sacres ont fait le reste. Il faut surtout comprendre qu’à la base, Aba était une ville avant tout connue pour être un pôle économique, où se font de nombreux échanges et envois de marchandises en direction de l’Asie et de l’Europe. Avec l’Enyimba, c’est également devenu un endroit qui compte pour son club de foot, au même titre que Kano, Brass et Port Harcourt. Problème : dès qu’Orji Uzor Kalu a quitté ses fonctions en 2007, le néo-monstre a doucement commencé à s’essouffler, a progressivement perdu certains sponsors et s’est embourbé dans les travaux de son stade, laissant le Kano Pillars FC devenir la référence des années 2010. Le club n’a ainsi plus vu le dernier carré de la Ligue des champions africaine depuis 2011. Et alors ? Un géant finit toujours par renaître et, en juin dernier, l’Enyimba International FC est remonté sur le toit du Nigeria. C’est aussi à ça que l’on reconnaît les grands clubs.